L’humour dévastateur de Dominique Bréda se met au service du souffle du peuple. La plume du lauréat du prix de la critique 2010 offre à 13 de nos meilleurs jeunes acteurs un texte mordant questionnant la crise et éclairant le monde dans lequel nous nous débattons. Chorégraphié par Bérengère Bodin et orchestré par Emmanuel Dekoninck, Aura Popularis se décline en 10 tableaux ciselés au scalpel où les corps et les mots racontent avec ironie les effets de l’ultra-libéralisme.
AURA POPULARIS from NIGHTHAWKS on Vimeo.
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Note d'intention de l'auteur
Six heures trente. Café.
Dans ma radio, j’entends dire que Les Indignés s’indignent. De quoi s’indignent-ils, me dis-je en sirotant l’amer breuvage. La dame de la radio me répond qu’on ne sait pas très bien, mais qu’ils sont en tout cas fort indignés. Bande d’abrutis. De quoi se plaignent-ils, ces jeunes cons ? Du mauvais temps ? De la crise? De la réorientation des programmes scolaires qui les ont rendus aptes au travail alors qu’ils ne peuvent pas aligner deux pensées pour définir leur indignation ? De l’avancée du chômage ? Du recul de la solidarité ? Des ouvriers et des enfants exploités en Chine ou ailleurs ? Du plus grand hold-up de l’histoire orchestré par les banques, les états agenouillés, le monde de la finance ? De ceux qui meurent en Afrique ? De ceux qui se suicident en Grèce ?
De quoi se plaignent-ils, finalement ? Je coupe la radio, ça m’énerve.
Heureusement, ce soir, il y a
The Voice.
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